
La persistance des sonorités analogiques des années 80 dans la musique pop contemporaine ne vient pas d’une simple nostalgie, mais de la richesse harmonique créée par leurs imperfections physiques. Ce sont le « drift » des oscillateurs et la saturation des circuits qui génèrent une complexité sonore, une « dissonance psychoacoustique contrôlée » perçue comme plus vivante. Les producteurs modernes recherchent activement cette signature d’imperfection, que ce soit via du matériel vintage coûteux, des clones abordables ou des émulations logicielles (VST) de plus en plus fidèles.
En écoutant les productions pop les plus en vue, un paradoxe saisit l’oreille : comment des sonorités nées il y a plus de quarante ans peuvent-elles encore sonner aussi pertinentes, voire futuristes ? De The Weeknd à Dua Lipa, en passant par Tame Impala, l’empreinte des synthétiseurs analogiques des années 80 est omniprésente. On évoque souvent la « chaleur » ou la « nostalgie » pour expliquer ce phénomène. Ces explications, bien que partiellement vraies, restent en surface et manquent le cœur technique de cette fascination. Elles ignorent le fait que les producteurs ne cherchent pas seulement un « son », mais une texture, un comportement, une sensation quasi-organique que le numérique peine à simuler parfaitement.
L’erreur serait de voir cela comme un simple débat entre analogique et numérique. La réalité du studio moderne est un écosystème hybride, où un VST gratuit peut côtoyer un Jupiter-8 valant plusieurs dizaines de milliers d’euros. Mais si la véritable clé n’était pas l’outil lui-même, mais la compréhension des principes physiques qui le gouvernent ? Le secret de la domination de ces machines ne réside pas dans leur perfection, mais au contraire, dans leurs défauts. C’est l’instabilité inhérente à leurs composants électroniques, ce léger flottement des oscillateurs, cette manière dont les filtres saturent qui créent une complexité harmonique unique. C’est ce que nous appellerons la « dissonance psychoacoustique contrôlée ».
Cet article propose une plongée au cœur de cet ADN sonore. Nous analyserons pourquoi ces imperfections créent une émotion si particulière, comment les recréer avec des outils modernes, et quels sont les arbitrages à faire en termes de matériel pour la production et la scène. Il s’agit d’une exploration pour le producteur cherchant non pas à copier le passé, mais à en maîtriser les secrets pour sculpter le son de demain.
Pour naviguer à travers cette analyse technique et historique, voici les thématiques que nous aborderons, du concept fondamental de l’instabilité sonore à la sécurisation de votre matériel en performance live.
Sommaire : Comprendre l’héritage sonore des synthétiseurs vintage dans la production musicale moderne
- Pourquoi le « drift » des oscillateurs crée une émotion impossible à reproduire parfaitement en numérique ?
- Comment sculpter une basse type « Moog » avec des VST gratuits ?
- Original, Réédition ou Clone Behringer : lequel choisir pour la fiabilité en tournée ?
- L’erreur d’acheter un synthé vintage sans vérifier l’état des condensateurs
- Problème de synchro : comment faire dialoguer un synthé de 1982 avec un DAW de 2024 ?
- Pourquoi les « cracks » de plugins installent souvent des mineurs de cryptomonnaie en arrière-plan ?
- Laptop ou machines hardware : quel choix est le plus stable pour une tournée intensive ?
- Scène électronique : comment sécuriser son setup contre les pannes et crashs en live ?
Pourquoi le « drift » des oscillateurs crée une émotion impossible à reproduire parfaitement en numérique ?
La magie sonore des synthétiseurs analogiques repose sur un principe contre-intuitif : leur imperfection. Contrairement à un oscillateur numérique (DCO ou basé sur un sample) qui produit une fréquence d’une stabilité mathématique parfaite, un oscillateur contrôlé en tension (VCO) est intrinsèquement instable. Il est sensible aux moindres variations de température et de tension électrique de ses composants. Ce phénomène, appelé « drift », se traduit par de micro-variations constantes de la hauteur du son. Lorsque deux oscillateurs ou plus sont joués simultanément, leurs drifts respectifs créent un léger déphasage et des battements acoustiques subtils. Le son semble alors plus épais, plus large et en mouvement constant.
Cette instabilité sonique est ce que notre cerveau interprète comme de la « chaleur » ou de la « vie ». C’est une forme de dissonance psychoacoustique contrôlée. Une onde parfaitement stable peut paraître plate et stérile à l’oreille, tandis qu’une onde avec de subtiles imperfections aléatoires capte mieux l’attention et semble plus organique, se rapprochant des irrégularités naturelles présentes dans les instruments acoustiques. C’est un aspect fondamental, car historiquement, les synthétiseurs analogiques des années 70-80 ont fixé les standards de ce que nous considérons comme la synthèse soustractive classique.
L’instabilité comme outil créatif
L’histoire de la synthèse sonore illustre bien ce contraste. Comme le rappellent les historiens de la musique, l’instabilité des premiers modules analogiques limitait leur usage à certaines textures, car la prédictibilité était faible. En revanche, l’avènement du numérique a permis une précision absolue. Cette perfection a rendu possible des techniques comme la synthèse FM (modulation de fréquence), où la moindre instabilité rendrait les résultats chaotiques. Pourtant, c’est bien l’imprévisibilité de l’analogique qui est aujourd’hui recherchée pour son caractère expressif.
Tenter de reproduire ce phénomène en numérique n’est pas simple. Utiliser un LFO (oscillateur basse fréquence) pour moduler la hauteur ne suffit pas, car le mouvement est prédictible et cyclique. Les émulations VST modernes les plus avancées utilisent des algorithmes complexes qui génèrent des variations aléatoires et non-linéaires pour simuler le comportement de circuits réels, se rapprochant de cette fameuse signature d’imperfection.
Comment sculpter une basse type « Moog » avec des VST gratuits ?
Le son de basse Moog, puissant et percutant, est l’une des signatures sonores les plus reconnaissables de l’histoire de la musique. Obtenir ce caractère ne nécessite pas forcément de posséder un Minimoog. Avec une bonne compréhension de la synthèse soustractive et les bons VST (souvent gratuits, comme Vital ou Surge), il est tout à fait possible de s’en approcher de très près. Le secret ne réside pas dans un preset magique, mais dans le réglage fin de plusieurs paramètres clés pour recréer la fameuse « dissonance psychoacoustique contrôlée ».
La première étape est de simuler le poids et le mouvement des oscillateurs. Voici la méthode à suivre pour sculpter cette texture :
- Choisir les oscillateurs : Utilisez deux oscillateurs produisant des ondes en dents de scie ou carrées. Ce sont les formes d’onde de base pour les basses Moog classiques.
- Créer du mouvement : Désaccordez (detune) très légèrement le deuxième oscillateur de quelques centièmes de demi-ton (entre 3 et 7 cents). Cela crée le battement et l’épaisseur caractéristiques, simulant le léger « drift » des VCOs analogiques.
- Sculpter avec le filtre : Appliquez un filtre passe-bas (low-pass filter) avec une pente de 24 dB/octave, typique des filtres « ladder » de Moog. Augmentez la résonance (souvent appelée « emphasis » ou « peak ») pour accentuer les harmoniques juste avant la fréquence de coupure. C’est ce qui donne le « mordant ».
- Ajouter le « punch » : Modulez la fréquence de coupure du filtre avec une enveloppe (ADSR). Réglez une attaque très rapide (proche de zéro), un decay court, un sustain à zéro et un release court. Cette enveloppe rapide sur le filtre crée l’attaque percussive et claquante.
- Émuler la saturation : Enfin, ajoutez une saturation subtile en sortie. Les circuits VCA et les filtres des synthés analogiques ajoutent une légère distorsion harmonique lorsque le signal est poussé, ce qui contribue à la richesse du son. Un plugin de saturation ou de « tape emulation » peut parfaitement faire l’affaire.
Cette approche, qui combine désaccordage, filtrage résonant et enveloppes rapides, constitue le cœur de l’archéologie sonore. Il s’agit de déconstruire un son iconique pour en comprendre et en répliquer les mécanismes fondamentaux avec les outils à notre disposition.

L’image ci-dessus illustre parfaitement cette interaction moderne : les mains du producteur ajustent des potentiomètres physiques sur un contrôleur MIDI, qui pilote à son tour un VST cherchant à émuler une machine vintage. C’est l’essence même de l’écosystème de production hybride contemporain, où le geste tactile rencontre la puissance de calcul numérique pour recréer l’âme de l’analogique.
Original, Réédition ou Clone Behringer : lequel choisir pour la fiabilité en tournée ?
Une fois qu’un producteur est séduit par la texture analogique, la question de l’acquisition de matériel se pose inévitablement. Pour un artiste qui doit se produire sur scène, le choix entre un synthétiseur vintage original, une réédition officielle (par le constructeur d’origine) ou un clone (comme ceux popularisés par Behringer) n’est pas seulement une question de son ou de budget. C’est avant tout un arbitrage stratégique basé sur la fiabilité, la logistique et la maintenabilité, des facteurs cruciaux pour une tournée intensive.
Chaque option présente un profil de risque et de bénéfice radicalement différent. L’original vintage offre l’authenticité sonore absolue, la « signature d’imperfection » unique d’une machine qui a vécu. Cependant, c’est aussi l’option la plus risquée : les composants ont plusieurs décennies, sont sujets aux pannes, et leur réparation est complexe et coûteuse. Les rééditions officielles offrent un excellent compromis : une fidélité sonore très élevée (souvent autour de 95% de l’original) avec des composants modernes, un poids optimisé et un support constructeur. Enfin, les clones démocratisent l’accès à ces sonorités pour une fraction du prix, avec une fiabilité généralement bonne, mais une qualité de fabrication parfois variable et une fidélité sonore qui, bien que proche, n’atteint pas toujours la subtilité de l’original.
Le tableau suivant synthétise les critères de décision clés pour un musicien de tournée, basé sur une analyse comparative des différentes options matérielles.
| Critère | Original Vintage | Réédition Officielle | Clone Behringer |
|---|---|---|---|
| Fiabilité | Faible (composants vieillissants) | Excellente (composants neufs) | Bonne (qualité variable) |
| Poids/Transport | Lourd (10-80kg selon modèle) | Optimisé (5-15kg) | Léger (3-8kg) |
| Disponibilité pièces | Très rare | Support constructeur | Standard du marché |
| Prix d’achat | 5000-25000€ | 2000-5000€ | 300-800€ |
| Authenticité sonore | 100% original | 95% fidèle | 80-90% proche |
En fin de compte, le choix dépend de la priorité de l’artiste. Pour une production en studio, un original peut être un investissement justifié. Pour une tournée mondiale, la fiabilité d’une réédition ou la légèreté et le faible coût de remplacement d’un clone deviennent des arguments prépondérants. Comme le résume Kevin Parker de Tame Impala, connu pour son utilisation d’un écosystème hybride :
C’est toujours le bon mélange qui en fait ce qu’il est.
– Kevin Parker (Tame Impala), Analyse sur l’utilisation des synthés vintage et modernes
L’erreur d’acheter un synthé vintage sans vérifier l’état des condensateurs
L’acquisition d’un synthétiseur vintage est souvent perçue comme la quête d’un Graal sonore. Cependant, cet investissement peut rapidement virer au cauchemar financier si l’on ignore un aspect technique crucial : l’état des condensateurs électrolytiques. Ces petits composants, essentiels au bon fonctionnement des circuits, ont une durée de vie limitée (généralement 20 à 30 ans). Avec le temps, ils sèchent, fuient ou perdent leur capacité, entraînant une cascade de problèmes : instabilité de l’accordage (tuning), bruits parasites, LFO erratiques, ou pire, une panne complète pouvant endommager d’autres parties du circuit.
L’erreur la plus commune est de se fier à une simple écoute. Un synthé peut sonner correctement pendant un test de quelques minutes, mais les problèmes liés aux condensateurs vieillissants apparaissent souvent après une période de chauffe. Acheter une machine de 40 ans sans prévoir un budget pour sa restauration est une imprudence. Un « recapage » complet, qui consiste à remplacer tous les condensateurs électrolytiques, est une opération longue et délicate. Selon les spécialistes de la restauration, le coût peut varier entre 500€ et 3000€ pour une restauration complète selon la complexité et la rareté du modèle.
Ne pas vérifier ce point revient à acheter une voiture de collection sans regarder sous le capot. C’est un risque qui peut doubler le coût réel de l’instrument. Une inspection minutieuse avant l’achat est donc non-négociable pour éviter les mauvaises surprises. La vigilance est la meilleure protection contre une déconvenue coûteuse qui transformerait le rêve en fardeau.
Plan d’action : votre checklist d’inspection avant achat
- Inspection visuelle : Ouvrir la machine (si possible) et chercher des signes de gonflement, de fuite (une substance poudreuse ou huileuse) sur le dessus ou à la base des condensateurs.
- Test de stabilité : Laisser le synthétiseur allumé pendant au moins 30 minutes. Vérifier si l’accordage reste stable ou s’il dérive de manière excessive.
- Contrôle des potentiomètres : Tourner chaque bouton et bouger chaque fader sur toute leur course pour détecter d’éventuels craquements ou « sauts » de valeur, signes d’usure ou de poussière.
- Batterie de sauvegarde : Inspecter la zone autour de la batterie de sauvegarde des mémoires. Une batterie qui a fui peut laisser des traces de corrosion verte ou blanche sur la carte mère, un dégât souvent irréparable.
- Test exhaustif : Jouer chaque note du clavier, tester chaque voix de polyphonie individuellement et vérifier que les enveloppes ADSR répondent correctement sur chacune d’entre elles.
Problème de synchro : comment faire dialoguer un synthé de 1982 avec un DAW de 2024 ?
Intégrer un synthétiseur pré-1983 dans un studio moderne centré autour d’une station de travail audio numérique (DAW) représente un défi technique majeur : la communication. Avant l’uniformisation apportée par le protocole MIDI, chaque constructeur utilisait ses propres standards de contrôle, principalement le CV/Gate (Control Voltage/Gate). Le CV contrôle la hauteur de la note (pitch), tandis que le Gate gère le début et la fin de la note (note on/off). Ces signaux sont de nature analogique (une tension électrique variable), incompatibles avec les messages numériques du MIDI ou de l’USB utilisés aujourd’hui.
Le point de bascule historique fut 1983. Comme le relate l’histoire de la musique électronique, c’est cette année-là que les principaux constructeurs, sous l’égide du salon NAMM, se sont accordés sur une norme commune. L’adoption progressive du protocole MIDI (Musical Instrument Digital Interface) a révolutionné la production musicale en permettant à des instruments de marques différentes de communiquer entre eux. Un synthétiseur de 1982 est donc probablement dépourvu de ports MIDI, le rendant « muet » pour un ordinateur moderne.

La solution pour faire dialoguer ces deux mondes réside dans l’utilisation d’un convertisseur. Il existe plusieurs types de boîtiers externes ou de modules (notamment au format Eurorack) qui agissent comme des traducteurs :
- Convertisseur MIDI vers CV/Gate : C’est la solution la plus courante. Il reçoit les informations MIDI (notes, vélocité, etc.) de votre DAW via USB ou un port MIDI standard, et les traduit en tensions électriques que le synthétiseur vintage peut comprendre via ses entrées CV et Gate.
- Interface audio avec sorties DC-Coupled : Certaines interfaces audio modernes ont des sorties capables d’envoyer des tensions continues (DC). Avec un logiciel adapté (comme Ableton CV Tools ou Bitwig Studio), ces sorties peuvent être utilisées pour envoyer directement des signaux CV/Gate au synthétiseur, sans nécessiter de convertisseur externe.
Le défi ne s’arrête pas à la simple transmission de notes. La synchronisation du tempo pour les arpégiateurs ou les séquenceurs du synthé vintage requiert un signal d’horloge (« clock ») séparé, également transmis via un signal de type Gate. La mise en place d’un tel système demande une compréhension fine des standards de tension (par exemple, V/octave vs Hz/V) et de déclenchement (S-trig vs V-trig) spécifiques à chaque machine. C’est le prix à payer pour intégrer l’âme d’une machine de 1982 au cœur d’un workflow de 2024.
Pourquoi les « cracks » de plugins installent souvent des mineurs de cryptomonnaie en arrière-plan ?
La tentation d’utiliser des versions « crackées » de plugins coûteux est grande, surtout pour les producteurs débutants. Cependant, cette pratique expose à des risques bien plus insidieux que la simple violation de droits d’auteur. L’une des menaces les plus courantes et les plus lucratives pour les pirates informatiques est l’intégration discrète de mineurs de cryptomonnaie dans l’installeur du logiciel. Le principe est simple : une fois le plugin installé, un programme s’exécute en arrière-plan, utilisant la puissance de calcul du processeur (CPU) et, surtout, de la carte graphique (GPU) de l’utilisateur pour « miner » des cryptomonnaies comme le Monero ou l’Ethereum au profit du pirate.
Pour le producteur, les conséquences sont directes et particulièrement pénalisantes. Le minage est une activité extrêmement gourmande en ressources. Un ordinateur infecté verra ses performances s’effondrer : le DAW deviendra lent, la latence audio augmentera, et des craquements ou des décrochages audio (« dropouts ») apparaîtront, rendant la production musicale quasi impossible. De plus, les ventilateurs de l’ordinateur tourneront à plein régime en permanence pour tenter de dissiper la chaleur excessive, provoquant une usure prématurée des composants et une augmentation de la consommation électrique. Le pirate exploite ainsi une armée d’ordinateurs « zombies » pour générer un revenu passif, aux dépens de la créativité et du matériel de ses victimes.
Ce risque est d’autant plus grand que les producteurs de musique investissent souvent dans des machines puissantes dotées de cartes graphiques performantes, faisant d’eux des cibles idéales pour le cryptojacking. Au-delà du minage, ces cracks peuvent également contenir d’autres logiciels malveillants, comme des ransomwares (qui chiffrent les projets musicaux contre une rançon) ou des keyloggers (qui volent les mots de passe des plateformes comme Splice ou Native Instruments). Opter pour des alternatives légales, comme les nombreuses options gratuites de qualité, les versions d’essai ou les modèles de location-vente, est la seule manière de protéger son outil de travail et sa sérénité créative.
Laptop ou machines hardware : quel choix est le plus stable pour une tournée intensive ?
Le débat entre un setup basé sur un ordinateur portable (« in the box ») et un setup entièrement hardware est un classique parmi les musiciens de scène. Pour une tournée intensive, la question centrale n’est pas la flexibilité sonore, mais la stabilité et la réduction des points de défaillance. Chaque approche a ses forces et ses faiblesses, et le choix dépendra de la tolérance au risque de l’artiste et de la complexité logistique qu’il est prêt à gérer.
Un setup basé sur un laptop offre une flexibilité sonore quasi infinie pour un poids et un encombrement minimes. Cependant, il multiplie les points de défaillance logiciels : plantage du système d’exploitation, conflit de pilotes, mise à jour automatique intempestive, surchauffe du processeur… Un seul bug peut entraîner un silence total sur scène. Un setup hardware, composé de synthétiseurs, de samplers et de séquenceurs dédiés, est souvent perçu comme plus stable. Chaque machine remplit une seule fonction, ce qui limite les risques de plantage systémique. En cas de panne d’un instrument, le reste du set peut continuer. Néanmoins, le hardware n’est pas exempt de risques : une alimentation défaillante, un potentiomètre cassé ou une connectique défectueuse peuvent aussi paralyser une performance.
Le poids et la logistique sont également un facteur décisif. Comme le souligne le magazine Thomann dans une comparaison, l’évolution technologique a drastiquement réduit le poids des machines. Un synthétiseur moderne comme le Nord Lead 2 pèse environ 5kg. En comparaison, un Yamaha CS-80 vintage, monstre de polyphonie, avoisine les 80kg. « Vous pourriez transporter jusqu’à dix Nord Lead 2 sans atteindre le poids d’un seul CS-80 », note le magazine. Cette différence a un impact direct sur les coûts de fret aérien, qui peuvent devenir exorbitants pour un setup hardware complet.
Le tableau suivant met en perspective les avantages et inconvénients de chaque approche pour un artiste en tournée :
| Aspect | Setup Laptop | Setup Hardware |
|---|---|---|
| Points de défaillance | OS, pilotes, surchauffe, SSD | Alimentation, potentiomètres, connectiques |
| Poids total système | 5-10kg avec interface et contrôleurs | 20-100kg selon configuration |
| Coût transport aérien | Bagage cabine possible | Fret obligatoire (500-2000€/vol) |
| Temps installation | 15-30 minutes | 45-90 minutes |
| Flexibilité sonore | Illimitée (tous les plugins) | Limitée aux machines présentes |
À retenir
- Le son « analogique » est défini par ses imperfections physiques (drift, instabilité), créant une richesse que le numérique cherche à émuler.
- Recréer un son vintage (ex: basse Moog) avec des VST gratuits est possible en maîtrisant la synthèse soustractive (detune, filtre résonant, enveloppes).
- Pour la scène, le choix entre synthé original, réédition ou clone est un arbitrage entre authenticité sonore, fiabilité, poids et coût.
Scène électronique : comment sécuriser son setup contre les pannes et crashs en live ?
Que le setup soit basé sur un laptop, du hardware ou un système hybride, la hantise de tout musicien live reste la panne technique. Un crash en plein milieu d’un set peut briser l’énergie d’un concert. La clé pour minimiser ce risque n’est pas d’espérer que rien ne tombe en panne, mais de construire un système résilient avec des redondances et des protocoles clairs. La sécurisation d’un setup de scène se pense en plusieurs niveaux, de l’infrastructure physique la plus basique à la préparation humaine avant le concert.
Le premier niveau est la fondation physique. Utiliser des câbles de qualité professionnelle, bien entretenus, est le minimum. Le point le plus critique est l’alimentation électrique. Les fluctuations de tension dans une salle de concert peuvent être fatales pour des appareils électroniques sensibles. L’utilisation d’un onduleur (UPS) pour les éléments critiques comme l’ordinateur et l’interface audio est une assurance vitale : en cas de micro-coupure, il prend le relais instantanément et évite un redémarrage complet du système. Prévoir des doublons pour tous les câbles essentiels (USB, audio, alimentation) est également une précaution simple mais efficace.
Le deuxième niveau concerne la préparation du système, particulièrement pour les setups basés sur un ordinateur. L’OS doit être optimisé pour la performance audio : désactivation des mises à jour automatiques, du Wi-Fi, du Bluetooth et de toutes les notifications et applications non essentielles pendant le show. Il est également crucial d’effectuer des « stress tests » en amont, en faisant tourner le set le plus gourmand en CPU pour s’assurer que l’ordinateur ne surchauffe pas. L’évolution des technologies a aussi apporté des solutions de fiabilité, comme les cartouches qui permettent de doubler la mémoire de programmes sur certains synthétiseurs, offrant une solution de secours tangible.
Enfin, le troisième niveau est humain et procédural. Créer une checklist détaillée de branchement et de configuration à suivre avant chaque concert réduit le risque d’erreur humaine. Établir une communication claire avec l’ingénieur du son sur les sources audio et les procédures d’urgence est indispensable. La répétition ne concerne pas seulement la musique, mais aussi les gestes à effectuer en cas de problème : savoir comment redémarrer rapidement un plugin, basculer sur un son de secours ou communiquer la situation au public avec professionnalisme. C’est cette préparation rigoureuse qui transforme un musicien anxieux en un performeur serein et maître de sa technologie.
Mettre en place un protocole de sécurisation rigoureux est l’étape finale pour transformer votre passion pour les sonorités électroniques en une performance live professionnelle et sans faille. Évaluez dès maintenant les points de faiblesse de votre configuration actuelle pour construire un setup à l’épreuve de la scène.
Questions fréquentes sur la production avec des sons vintage
Comment détecter si mon ordinateur mine de la cryptomonnaie ?
Les signes les plus courants sont une utilisation anormalement élevée du CPU ou du GPU même lorsque l’ordinateur est au repos, des ventilateurs qui tournent à plein régime de manière constante, et la présence de processus aux noms suspects dans le gestionnaire de tâches de votre système d’exploitation.
Quels sont les risques au-delà du minage ?
Les logiciels crackés peuvent dissimuler des menaces encore plus graves. Les ransomwares peuvent chiffrer tous vos fichiers, y compris vos précieux projets musicaux, et exiger une rançon. Les keyloggers peuvent enregistrer vos frappes au clavier pour voler vos identifiants de plateformes musicales (Splice, Arturia, etc.). Enfin, les backdoors peuvent donner un accès à distance complet à votre machine à un pirate.
Existe-t-il des alternatives légales abordables ?
Absolument. Le marché regorge d’options pour accéder à des outils de qualité sans recourir au piratage. De nombreux développeurs proposent des versions d’essai étendues. Il existe une multitude de plugins gratuits d’excellente facture (comme Vital ou Surge XT). Les étudiants peuvent bénéficier de licences éducatives à prix réduit. Enfin, des services comme Splice proposent des modèles de location-vente (« Rent-to-Own ») qui permettent d’acquérir des plugins premium via des paiements mensuels.